MON EXPERIENCE AVEC LA RECONVERTION PROFESSIONNELLE : UN CHEMIN ENTRE DEFIS ET RENAISSANCE

Des biberons aux seringues… puis des aiguilles aux ventouses !

Avant de me lancer dans la reconversion professionnelle, j’étais loin d’imaginer le chemin que j’allais parcourir.
Tout a commencé dans une halte-garderie, où je jonglais entre couches, pleurs et dessins maladroits.

Puis, direction la Guyane Française pour une parenthèse d’aventures humaines et de découvertes intenses.
J’avais un ami qui était à l’armée là-bas, et je n’étais pas forcément bien dans mes baskets à 20 ans quand je suis partie.
C’est grâce à Lionel, que j’ai atterri en Guyane et que j’ai trouvé du travail.
Cette parenthèse m’a éveillée, elle m’a reconnectée à une forme de liberté, d’intuition, de sensibilité au vivant.

À cette époque, j’avais des rêves de liberté, d’autonomie, de voyage, de rencontre de l’amour.
Mais aussi une frustration grandissante : celle de courir tout le temps, de ne pas trouver un équilibre.

Ensuite, cap sur les études d’infirmière : un véritable marathon entre les stages, les cours, le travail de nuit, et… ma vie de maman solo.

Une journée type ?

Levée à l’aube, réveiller les filles, les déposer à l’école, aller en cours ou en stage, puis parfois travailler la nuit.
Une boucle sans fin. Un enchaînement permanent de tout.
Et malgré la fatigue, il m’arrivait de rire pour un rien.
Un fou rire nerveux en salle de soins, après une nuit blanche…
Ils ont dû me prendre pour une folle, mais au fond, c’était ma façon à moi de tenir le coup.

J’étais tellement fatiguée pendant mes études qu’une nuit de travail, je me suis endormie, la tête tombée sur le bureau.
Je travaillais dans un accueil pour enfants en difficulté, tout le monde dormait à poings fermés.
J’ai été réveillée par l’ouverture de la porte d’entrée.
Je ne savais plus où j’étais, très mal à l’aise de ce que j’étais en train de vivre.
Mais ma collègue, bienveillante, a compris.
Et il n’y a pas eu de conséquence sur mon travail.

J’ai ouvert mon cabinet de soins holistiques en 2012, pensant avoir enfin trouvé mon équilibre.
Et puis la maladie est arrivée.
Un cancer de l’intestin grêle, brutal, imprévu, qui est venu tout bouleverser.
S’en sont suivies deux années d’arrêt pour me retrouver, me reconstruire.
Aujourd’hui, je reprends le travail, avec une joie immense, une conscience renouvelée, et surtout une paix intérieure que je ne connaissais pas auparavant.

Le début du voyage : l’appel du changement (et du café serré)

J’ai eu envie de me reconvertir tout simplement parce que j’avais besoin de changement.
Un vrai, pas juste changer de shampoing ou de régime alimentaire.
Non, un changement profond, une envie de challenge, de faire autre chose de ma vie.

J’avais des doutes, bien sûr :

  • Est-ce que je suis folle de me lancer ?
  • Vais-je y arriver toute seule avec deux filles ?
  • Suis-je juste envers Noëlie (10 ans) et Claire (8 ans) en étant si peu présente ?

Mais mes envies étaient plus fortes : je voulais être mieux rémunérée, avoir des responsabilités, faire quelque chose qui ait du sens, et apporter mon aide autrement.
Je voulais me sentir utile, mais sans me perdre.

Les obstacles rencontrés : sueur, larmes et nuits blanches (beaucoup de nuits blanches)

Les études d’infirmière ont été une sacrée épreuve.
Les deux premières années n’étaient pas financées.
Donc, en plus des cours et des stages, je travaillais l’équivalent d’un mi-temps.
Parfois de nuit.

Et le lendemain ? Stage à l’hôpital.
Oui, c’était l’enfer. Mais avais-je le choix.

Très certainement….

Avec une maison à payer, deux filles à élever (merci maman d’avoir été présente en dehors des temps d’école !), et une pension alimentaire irrégulière, j’étais constamment sous pression.
Le stress montait en flèche quand l’une d’elles tombait malade.
Je ne pouvais pas m’absenter.
Mon quotidien était une course folle.
Honnêtement, je ne sais toujours pas comment j’ai tenu.

Et puis, un jour, j’ai ressenti ce que beaucoup d’infirmières vivent : je ne me sentais plus à ma place.
Le travail à la chaîne, la déshumanisation des soins, la traçabilité à outrance.
Je voulais du lien, du vrai, du profond.

Alors, je me suis reconvertie une nouvelle fois, vers un métier de cœur.

Une nouvelle voie : la thérapie alternative (ou comment mes mains ont parlé avant ma bouche)

J’avais toujours massé mes proches, un peu « au feeling ».

Depuis 20 ans, mes mains travaillaient intuitivement, avec une sorte de connexion naturelle.

Et un jour, j’ai eu envie d’aller plus loin.
J’ai cherché sur Internet (merci Google), et j’ai trouvé une formation en Tuina, un massage traditionnel chinois.
Je n’avais aucune idée du tsunami que cela allait créer en moi.

Pendant deux ans, nous nous massions mutuellement en formation.
Et peu à peu, j’ai senti que c’était ça, Le bon chemin.
J’étais à ma place.

La médecine chinoise m’a ouvert des portes intérieures insoupçonnées.
J’ai compris que je pouvais soigner autrement.
En douceur. En profondeur. En écoutant vraiment.

Quand je masse, mes mains picotent et deviennent très chaudes.
C’est comme si elles savaient.
Et quand je reçois, mon corps et mon cœur s’apaisent.
Je pars très vite dans le ressenti, le relâchement, le lâcher-prise.
Encore aujourd’hui, les massages me sont indispensables à recevoir.

Je me souviens d’une patiente en burn-out, que je pouvais à peine toucher au début.
Elle était à vif.

Alors, je lui ai fait de la réflexologie plantaire.

Tout doucement. Très doucement.
Et en trois mois, elle était remise sur pied.
C’est aussi là que j’ai su que j’étais sur le bon chemin.

Depuis 2012, j’ai mon cabinet.
Et ce que je vis là, chaque jour, n’a pas de prix.
J’accompagne avec bienveillance, j’offre du temps, de l’attention.
Et je reçois beaucoup en retour.

La maladie : coup d’arrêt et renaissance (ou comment j’ai appris à me reposer sans culpabiliser)

Puis la maladie est venue frapper à ma porte.
Le genre d’invité qu’on n’attend pas et qui déménage tout dans votre vie : un cancer de l’intestin grêle.

L’impact physique a été terrible.
Fatigue, douleurs, lourdeurs.
J’ai mis des mois à retrouver un peu d’énergie.
L’impact émotionnel, encore plus.
Un mur. Un vertige.
Une nécessité de revoir toute ma façon de vivre.

Alors j’ai fait une pause.
Deux ans.
Pour me reconstruire.
Pour retrouver du sens.
Pour me recentrer.

C’était difficile. Parce que je suis de nature active (voir hyperactive).
Mais pour une fois, j’ai écouté mon corps.
Et j’ai décidé de le remercier plutôt que de lui en vouloir.

La renaissance : revenir au travail avec joie (et sans sprint)

Aujourd’hui, je reprends doucement.
Je suis en Isère, dans un lieu où je me sens bien, avec un nouveau rythme.
Mes mains sont toujours là, mais mon énergie a changé.
Je suis plus centrée, plus en paix.
Je n’ai plus besoin de courir pour prouver.
Je suis.

Je suis fière du chemin parcouru.
Pas pour les diplômes ou les titres.
Mais pour la force qu’il m’a fallu pour me relever, pour continuer, pour aimer encore ce que je fais.

Donner du sens, encore et toujours

Vouloir le changement est un acte de courage.
Il faut de la lucidité pour voir que l’on n’est plus alignée, de la volonté pour chercher autre chose, de l’audace pour oser le changement.
Et parfois, c’est une question de survie.
Choisir de se réaligner, c’est se donner une chance d’aimer à nouveau sa vie.

Questions à se poser avant de changer de voie

  • Qu’est-ce qui ne me convient plus dans mon travail actuel ?
  • De quoi ai-je profondément envie, au fond de moi ?
  • Quelles sont mes ressources, mes talents, mes valeurs ?
  • À quoi ressemblerait une journée alignée avec ce qui me fait vibrer ?
  • Suis-je prête à affronter les zones d’inconfort de cette transition ?
  • Qui peut me soutenir ou m’inspirer dans ce parcours ?

Ce que mes trois casquettes m’ont appris

Aujourd’hui, je suis à la fois infirmière, thérapeute et patiente.

Ces trois expériences se parlent, s’enrichissent, se répondent.
Être infirmière m’a donné la rigueur et la connaissance médicale.
Être thérapeute m’a ouverte à l’intuition, à la lenteur, à l’écoute profonde.
Être patiente m’a enseigné l’humilité, la vulnérabilité, la gratitude.

Je peux aujourd’hui accompagner celles et ceux qui traversent l’épuisement, le burn-out, la maladie ou les grandes transitions de vie.
Avec mes mains, mon cœur, mes outils et mes silences.

Si vous hésitez à vous lancer… faites le.

Si vous lisez ces lignes, c’est que peut-être vous aussi ressentez ce besoin de changer.
De vous réinventer. D’oser.

Je ne vais pas vous mentir : c’est dur.
Il y a des larmes, des insomnies, des remises en question.
Mais il y a aussi des sourires, des rencontres, des « eurekas ».

Vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris.
Vous n’avez pas besoin d’être parfaite.
Vous avez juste besoin d’écouter cette petite voix intérieure, celle qui murmure que vous méritez mieux.

C’est un pas vers une vie plus alignée, plus consciente.
Un élan pour écouter enfin cette voix intérieure trop longtemps mise de côté.
Il n’y a pas de modèle à suivre, seulement des élans à écouter.

Chaque femme porte en elle la force d’agir, à sa façon, selon ce qui a du sens pour elle.

Avec mes deux casquettes — infirmière, thérapeute — et mon expérience de patiente, je peux aujourd’hui accompagner toutes celles et ceux qui, comme moi, ont connu l’épuisement, le doute, la perte de repères.
Qu’il s’agisse d’un burn-out, d’une reconversion, d’une maladie ou d’une perte de sens.

Je suis là. Avec douceur, humour, et une bonne dose de résilience.

Vous pouvez vous en sortir. Vous pouvez même renaître.

Et si vous souhaitez en parler… mon cabinet et ce blog vous accueillent avec bienveillance.