Il y a un peu plus d’une année environ, j’ai commencé à écrire mon livre.
Un livre pas comme les autres. Un livre qui est né d’un bouleversement, d’un coup d’arrêt brutal dans ma vie : le cancer.
Ce n’est pas un roman. Ce n’est pas un essai.
C’est un récit de vie, le mien, mêlé à onze témoignages de femmes qui ont, elles aussi, traversé cette épreuve.
Ensemble, nous avons fait entendre nos voix, nos douleurs, nos renaissances.
Mon livre s’appelle « Transformation au cœur de la maladie ». Et aujourd’hui, je peux dire qu’il m’a transformée, moi aussi.
Écrire pour libérer, pour comprendre
Quand j’ai commencé ce projet, je n’avais pas de plan structuré. Je n’avais ni éditeur, ni échéance, ni filet.
Ce que j’avais, c’était un besoin viscéral d’écrire. Une urgence intérieure. Comme si mon corps, après avoir tant encaissé, voulait que je dépose quelque part tout ce qui bouillonnait en moi.
Écrire, c’était me délester. Me relier. Comprendre. Tenir debout.
J’ai écrit pour me libérer, mais aussi pour transmettre.
Car je crois profondément que la maladie a quelque chose à nous dire. Elle n’arrive pas juste comme une sentence injuste. Elle est aussi un langage, une alerte, une opportunité de transformation.
Ce message-là, je voulais l’honorer.
Les montagnes russes de l’écriture
Bien sûr, tout ne s’est pas écrit d’un trait. J’ai connu des périodes de doute, de fatigue, de silence. Des jours où j’écrivais avec élan, et d’autres où je n’avais ni l’énergie ni l’espace mental pour aligner un mot.
Je m’étais fixé un rituel : écrire le matin. C’était mon cadre, mon repère. Mais très vite, j’ai compris qu’il me fallait aussi accueillir les creux, les interruptions, les imprévus. Car la vie, et plus encore le rétablissement après la maladie, ne suit pas un agenda. Il fallait composer avec la fatigue, les hauts et les bas.
L’écriture m’a appris la patience. J’ai compris que les mots ne viennent pas toujours quand on veut. Mais quand ils viennent, c’est qu’ils sont mûrs. Il ne sert à rien de forcer, ce n’est jamais le bon moment dans ces cas-là. Il faut laisser les choses pousser, comme on laisse mûrir les fruits. Tout vient au bon moment. C’est l’une des plus belles leçons que ce livre m’a enseignées.
Des femmes puissantes, des histoires bouleversantes
Un des moments les plus forts de cette aventure, ce fut les interviews. J’ai lancé un appel sur Facebook, j’en ai parlé autour de moi, et peu à peu, les réponses sont arrivées.
Onze femmes. Chacune avec son histoire, sa voix, sa vérité. Toutes uniques, toutes puissantes.
Certaines m’ont profondément bouleversée.
Ninon, par exemple, n’avait que 37 ans. Son témoignage m’a touchée en plein cœur : une force immense, une douceur désarmante, une clarté bouleversante.
Et puis il y a Diane, mon amie. Par une étrange coïncidence, nous avons été opérées le même jour, sans le savoir, sans le prévoir. Une synchronicité troublante, presque symbolique. Comme si nos chemins étaient destinés à se croiser dans cette épreuve.
Chaque femme m’a laissé un cadeau. Un mot, un silence, une larme, une lumière. Ensemble, nous avons écrit bien plus qu’un livre : nous avons tissé un chœur.
Le corps, l’écoute et une renaissance inattendue
Ce projet m’a aussi ramenée à mon corps. Celui que j’avais parfois mis de côté, brusqué, oublié d’écouter. L’écriture m’a poussée à ralentir, à sentir, à respecter mes limites.
C’est cette écoute qui m’a menée vers la neurodanse. J’en ai fait l’expérience moi-même pendant mon parcours, et cela m’a tellement aidée que j’ai décidé de faire une formation. Parce que le corps parle. Parce que parfois, il dit ce que les mots n’arrivent plus à formuler. La danse, le mouvement, sont pour moi des vecteurs puissants d’évolution.
Une création artisanale, 100 % cœur
Faute de moyens, je n’ai pas pu faire appel à des professionnels pour l’édition, la correction ou la mise en page.
Deux ans d’arrêt, un budget serré… ce n’était tout simplement pas possible. Mais cela ne m’a pas arrêtée.
J’ai fait avec ce que j’avais.
Des amis ont fait des relecture du texte, avec bienveillance. Une connaissance m’a dessiné la couverture et le reste je l’ai fait moi-même, avec mes moyens, mes tripes, et beaucoup d’amour.
Je tiens aussi à dire un immense merci à Hubert, sans qui je n’aurais jamais pu finaliser ce livre.
Spécialiste en informatique, il m’a accompagnée avec générosité dans toute la partie technique : mise en page, ajustements, création d’une couverture conforme aux exigences de l’édition… Grâce à lui, le livre a pu prendre forme jusque dans les moindres détails.
Et surtout, je n’ai jamais eu peur de me dévoiler. Je suis quelqu’un d’authentique. Je ne cache pas. Je dis. Et ce livre, c’est cette voix-là : directe, sincère, souvent émotive, avec une pointe d’humour ici et là parce qu’on peut aussi rire, même dans la tempête. Rire, c’est résister.
Un enfantement plus qu’une rédaction
Je ne peux pas vraiment dire combien de temps ce livre m’a pris. J’ai arrêté de compter.
Parce qu’en réalité, il a grandi en moi. Il a poussé au rythme de mes émotions, de mes élans, de mes fatigues.
Ce livre, je ne l’ai pas simplement écrit. Je l’ai enfanté. Il est une part de moi. Et aujourd’hui, il est là, dehors, dans le monde. Et je me sens fière. Alignée. Apaisée. Comme si j’étais enfin allée au bout de quelque chose de fondamental.
Mon rêve pour ce livre
Je rêve que ce livre soit dans toutes les mains.
Celles des femmes qui traversent le cancer. Celles qui en sortent. Celles qui accompagnent. Celles qui ne savent pas quoi dire. Les soignants. Les proches. Les enfants. Les conjoints.
Je rêve qu’il devienne un cadeau, un appui, un espace de réconfort.
Qu’il circule dans les hôpitaux, dans les centres de soin, dans les salons, dans les mains tremblantes ou solides.
Je rêve qu’il inspire, qu’il relie, qu’il transforme !
Une parole pour celles (et ceux) qui ont un livre en eux
Si vous ressentez au fond de vous le besoin d’écrire, je vous encourage de tout cœur à le faire.
Même si vous ne savez pas par où commencer. Même si vous doutez. Même si personne ne vous soutient.
Il n’y a pas de moment parfait pour écrire.
Il y a seulement ce moment où vous décidez que votre parole mérite d’exister.
Alors commencez. Une phrase. Un paragraphe. Un cri.
Écrivez avec vos forces du jour. Avec vos fragilités aussi. Écrivez pour vous, d’abord. Et peut-être, un jour, pour d’autres. Comme une offrande.
Croire en soi, surtout quand personne ne regarde
Tout le monde n’a pas applaudi. Certaines personnes de mon entourage n’ont pas réagi. D’autres ont douté. Mais au fond, cela ne m’a pas arrêtée.
Car j’y ai cru. Et c’est cela, la clé.
Ce n’est pas le regard des autres qui fait naître un livre. C’est votre engagement. Votre foi. Votre détermination à dire ce que vous avez à dire, même si personne ne vous attend.
Et un jour, croyez-moi, quelqu’un tombera sur votre livre au bon moment. Et ce sera suffisant.
Le mot de la fin : transformation
S’il ne fallait retenir qu’un mot de cette aventure, ce serait transformation.
Car c’est ce qui s’est passé. La maladie m’a secouée, arrêtée, épluchée… pour me ramener à moi-même. Elle m’a obligée à ralentir, à questionner, à réévaluer l’essentiel
Et le livre m’a transformée aussi. Il m’a rendue plus vivante, plus lucide, plus enracinée.
« Transformation au cœur de la maladie », ce n’est pas juste un titre. C’est un chemin de feu. Une mue. Une vérité intérieure que je porte aujourd’hui avec fierté.
Ce que le livre a changé dans ma vie
Depuis qu’il est terminé, ce livre continue de m’habiter. Il a changé mon rapport au temps, à mon histoire, et à mon entourage. Il a mis des mots là où il n’y en avait pas. Il m’a permis d’assumer pleinement ce que j’avais vécu, sans filtre ni justification. Je me sens plus libre, plus ancrée, plus alignée avec qui je suis.
Il a aussi ouvert des conversations que je n’aurais jamais eues sans lui. Certaines personnes m’ont confié leur propre histoire, leurs peurs, leurs silences.
D’autres m’ont simplement dit : « Merci, je comprends un peu mieux maintenant. »
Et ces petits mots-là, croyez-moi, ils valent de l’or. Car ils montrent que l’échange est possible. Que la parole peut relier au lieu de séparer.
Ce livre a aussi allégé mon cœur. Il m’a permis de tourner une page, non pas en l’oubliant, mais en la regardant autrement. Avec douceur. Avec tendresse. Avec cette conscience que même les tempêtes ont quelque chose à nous apprendre.
Le cancer, un messager déguisé
Aujourd’hui, avec ce recul, je vois la maladie comme un messager déguisé.
Elle arrive toujours trop tôt, toujours trop violemment… et pourtant, elle nous pousse à regarder là où l’on ne voulait plus regarder. Elle éclaire les zones d’ombre, les failles, les déséquilibres profonds.
Oui, je remercie la maladie.
Pas pour la souffrance, ni pour la peur, mais pour ce qu’elle a révélé.
Elle m’a arrachée à mes automatismes, fait tomber les masques, bouleversé mes repères.
Elle m’a contrainte à ralentir, à écouter, à ressentir.
Dans ce chaos, elle a ouvert un chemin.
Un chemin vers une version de moi plus libre, plus consciente, plus vivante.
Alors oui, je lui dis merci? pour m’avoir forcée à regarder là où je fuyais, et pour m’avoir offert, malgré tout, l’opportunité d’une transformation profonde.
Pour moi, le cancer a été un ralentissement salvateur.
Il m’a obligée à me poser, à écouter, à ressentir.
Il m’a appris que je pouvais être forte autrement.
Que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais une richesse.
Que la vie mérite d’être vécue pleinement, dans chaque détail, dans chaque instant
Merci de m’avoir lue.
Merci de faire partie de ce chemin, de près ou de loin.
Et si vous connaissez quelqu’un qui traverse la maladie, ou qui l’a traversée, pensez à lui offrir un peu de lumière.
Ce livre n’a peut-être pas de paillettes, mais il a de l’âme.
Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin.
Avec toute ma bienveillance