EXPLORER LES RESSOURCES DE LA NEURODANSE POUR ALLER MIEUX

Et si le corps était la clé ?

si, au lieu de tout comprendre avec la tête, on apprenait à ressentir, à habiter pleinement notre corps, à le laisser nous guider vers plus de présence, de liberté et d’apaisement ?
C’est ce que propose la neurodanse.

Cette pratique somatique émergente s’appuie sur les neurosciences, le mouvement, la pleine présence et l’expressivité pour réguler notre système nerveux, nous reconnecter à nous-mêmes, et transformer, en douceur, ce qui a besoin de l’être.
Dans cet article, je vous propose de découvrir quelques ressources fondamentales que la neurodanse met à notre disposition pour aller mieux.

Ralentir pour mieux sentir

Dans une société marquée par la vitesse, le bruit et la surcharge mentale, ralentir devient un acte de résistance.

La neurodanse nous invite à décélérer pour pouvoir revenir à l’écoute fine de notre corps, de notre respiration, de nos sensations.
C’est dans ce ralentissement que nous commençons à percevoir ce qui est vivant en nous : tensions, émotions, mouvements internes.

Ralentir, c’est aussi se donner le temps d’entrer en relation avec soi-même.

Ce n’est pas un simple arrêt, mais un retour à un rythme plus organique, plus juste.

C’est dans ce tempo plus doux que peuvent émerger la conscience corporelle, la présence à soi et les premières pistes de régulation.

Voici dix clés que nous propose la neurodanse dans cet art de ralentir :

  1. Déplier le temps, l’espace, le mouvement : laisser le corps s’exprimer sans précipitation.
  2. Laisser le SIBAM émerger : accueillir les sensations, images, comportements, affects et significations.
  3. Remarquer les signaux faibles : prêter attention aux petits mouvements, aux micro-émotions, aux frémissements du vivant.
  4. Rester connecté à la conscience corporelle : cultiver la présence sensorielle dans chaque instant.
  5. Sentir la pré-mobilisation : percevoir ce qui se prépare dans le corps avant même que le mouvement advienne.
  6. Garder la capacité de choix : se souvenir que l’on peut s’arrêter, moduler, orienter ce que l’on vit.
  7. Augmenter la tolérance aux émotions et aux sensations et développer la capacité du corps et du psychisme à être un contenant sécure et fiable.
  8. S’enraciner dans l’ici et maintenant : revenir à ce qui est, ici, maintenant, dans le souffle, les appuis, les sensations.
  9. Sentir la connexion à l’énergie de vie en soi : raviver cette pulsation intérieure qui nous anime.
  10. Pister les mouvements d’orientation vers le danger ou la sécurité : apprendre à reconnaître les réponses du système nerveux pour mieux s’autoréguler.

La pendulation : aller-retour entre ressource et activation

La pendulation est un principe fondamental dans les approches somatiques comme la neurodanse.

Il s’agit d’un mouvement doux, entre ce qui est ressourçant et ce qui est plus difficile à sentir.
Aller d’une ressources vers une activation ou un souvenir difficile, puis revenir à cette ressource stable, permet au système nerveux de ne pas être submergé.

Dans la danse, cela peut se manifester par une alternance entre un mouvement soutenu par la joie, la sécurité ou l’élan vital, et un geste qui explore une tension, un inconfort ou une mémoire.
Ce va-et-vient crée un espace de sécurité intérieure qui permet à l’intégration de se faire, en douceur, sans forcer.

La titration : découper en petites doses

Inspirée elle aussi de la Somatic Experiencing, la titration consiste à fragmenter une expérience difficile en petites portions.

En neurodanse, cela signifie que l’on ne plonge pas dans une émotion ou une mémoire d’un seul coup.

On l’aborde par morceaux, avec délicatesse.

On peut isoler un geste, une sensation, une image, et danser uniquement cela.
En donnant à chaque fragment un espace d’expression, on évite la surcharge. Le corps apprend qu’il peut rester présent et en sécurité, même face à ce qui était autrefois trop intense.
La titration est une invitation à la patience, à la lenteur, à l’écoute des rythmes internes.

Les 3 types de « non » du système nerveux

Dans le travail corporel, apprendre à écouter les réponses de notre système nerveux est fondamental.

Parmi elles, il existe trois formes de « non », qui ne sont pas toujours verbales, mais se manifestent clairement dans le corps :

  1. Le non du figement : Le corps se fige, se coupe. Il dit non par l’immobilité, l’engourdissement, l’absence de ressenti. C’est un mécanisme de protection.
  2. Le non du système sympathique : Il est plus actif, combatif. Le corps dit non en se défendant, en s’opposant, parfois avec colère ou agitation.
  3. Le non du système ventral : C’est un non relationnel. C’est celui qui dit non avec clarté, sans rupture de lien. Il affirme une limite, avec présence et bienveillance.

En neurodanse, reconnaître ces différents « non » permet de ne pas les juger, mais de les accueillir comme des messages précieux.

On peut alors les danser, les écouter, les apprivoiser.

Les 7 muscles de l’engagement social

Notre capacité à nous relier aux autres repose en grande partie sur le système vagal ventral, qui soutient l’état de sécurité, de connexion et de coopération.

La neurodanse propose de réactiver ce système par des gestes simples, en mobilisant les sept muscles de l’engagement social :

  1. Le regard : bouger les yeux, ouvrir le champ visuel, jouer avec les directions du regard.
  2. L’ouïe : écouter des sons apaisants, stimuler l’écoute consciente.
  3. Les muscles du visage : sourire, explorer les micro-expressions, détendre les traits.
  4. La mâchoire : la relâcher, bâiller, faire vibrer les sons.
  5. Les cordes vocales : produire des sons, chantonner, vibrer.
  6. Le cou : le mobiliser doucement, permettre au haut du corps de s’ouvrir.
  7. La déglutition : avaler en conscience, sentir le passage dans la gorge.

Ces muscles sont les messagers d’un état de sécurité.

En les activant de manière consciente, nous envoyons un signal apaisant à notre système nerveux.

Cela ouvre la voie à une qualité de lien plus douce, plus authentique, d’abord avec soi, puis avec le monde.

Le SIBAM : un pont entre corps et esprit

Le modèle SIBAM est un autre pilier de la neurodanse.

Il a été développé par Peter Levine, fondateur de la Somatic Experiencing, pour aider à repérer et transformer les traces laissées dans le corps par des événements marquants.

SIBAM est un acronyme qui désigne cinq portes d’entrée dans l’expérience :

  • S comme Sensations : ce que je ressens physiquement (chaleur, picotement, tension…)
  • I comme Images : les images internes, souvenirs ou métaphores qui émergent
  • B comme Behaviors (comportements) : ce que le corps fait spontanément (gestes, postures)
  • A comme Affect (émotions) : ce que je ressens émotionnellement
  • M comme Meaning (sens) : ce que je comprends ou donne comme signification à ce que je vis

En neurodanse, ces cinq dimensions sont explorées à travers le mouvement, l’écriture, le dessin ou encore la parole. En les laissant se déployer et se relier, nous pouvons intégrer les expériences, libérer les tensions et réorganiser notre vécu interne.

Activer les 5 systèmes pour transformer

Le changement durable ne passe pas uniquement par l’intellect.

Pour qu’une transformation s’ancre profondément, la neurodanse propose d’activer cinq systèmes clés.

Ces systèmes sont interconnectés et, lorsqu’ils sont mobilisés ensemble, ils favorisent une intégration globale et une reprogrammation douce.

  1. Le système émotion : Il s’agit de se relier aux émotions, de leur donner un espace d’expression à travers le mouvement, la voix, le souffle. Ce n’est pas une analyse des émotions, mais une traversée incarnée.
  2. Le système moteur : En dansant, en bougeant librement, on remet du mouvement là où il y avait figement ou sidération. Le mouvement devient un acte de réparation.
  3. Le système mémoire : À travers des gestes, des rythmes, des images, le corps peut réveiller des mémoires profondes. La neurodanse permet de revisiter ces mémoires non verbales avec douceur et de leur offrir une nouvelle issue.
  4. Le système perception : En affinant notre perception (interne et externe), nous réapprenons à écouter notre corps, à ressentir finement ce qui se passe en nous. Cela renforce la conscience de soi et la capacité à ajuster.
  5. Le système attention : En dirigeant notre attention de manière consciente (sur la respiration, une sensation, un mouvement…), on sort du pilotage automatique. L’attention devient un levier de présence, de transformation, et même d’autocompassion.

Une approche sensible et incarnée

La neurodanse propose une écoute, un accompagnement de ce qui est déjà là.

Chaque séance devient un espace d’exploration, de permission, où le corps peut parler dans son propre langage.

Parfois c’est joyeux, parfois c’est vulnérable. Toujours, c’est vivant.

En mobilisant toutes ces ressources – le ralentissement, les muscles de l’engagement, le SIBAM, la pendulation, la titration, les « non », les cinq systèmes – la neurodanse nous aide à retrouver un sentiment de sécurité intérieure, de confiance en soi, à réactiver notre pouvoir d’agir, et à ouvrir un nouveau dialogue avec notre histoire.

Conclusion

Les ressources de la neurodanse sont nombreuses, profondes, accessibles.

Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychothérapeutique, mais viennent en complément, comme un chemin d’auto-exploration et de transformation.

Elles nous rappellent que le corps est un allié puissant dans notre chemin de guérison.

Ralentir, ressentir, bouger, écouter… Ce sont des gestes simples.

Et pourtant, ce sont des actes profondément réparateurs.
La neurodanse nous invite à revenir à l’essentiel : notre présence, notre souffle, notre corps vivant.